L’économie congolaise a enregistré, en 2025, des avancées significatives en matière de stabilisation macroéconomique, malgré un environnement interne et externe complexe. L’inflation a fortement reculé, passant de 11,7 % fin 2024 à seulement 2,3 % fin 2025, grâce à un resserrement monétaire strict, à l’appréciation du franc congolais et à la baisse des prix internationaux. C’est ce que révèle un rapport de la Banque mondiale publié au mois de mars.
« Le taux de change s’est renforcé d’environ 30 % face au dollar américain, contribuant à la stabilité des prix et à un regain de confiance économique. Ces progrès témoignent d’une gestion macroéconomique plus rigoureuse" », indique le rapport.
Toutefois, nuance le document, « les finances publiques ont subi des pressions importantes. Le déficit budgétaire s’est creusé, atteignant 2,9 % du PIB en 2025, en raison notamment de la hausse des dépenses sécuritaires dans l’est du pays et de l’augmentation de la masse salariale publique. Les dépenses de défense ont, à elles seules, triplé, illustrant l’impact direct de l’insécurité sur les équilibres budgétaires ».
Le rapport ajoute que malgré cela, la dette publique reste relativement maîtrisée, à 23,2 % du PIB, avec un risque de surendettement jugé modéré. Néanmoins, les entreprises publiques constituent une source croissante de vulnérabilité, représentant une part importante de la dette extérieure.
S’agissant de l’augmentation de la masse salariale, un rapport de la société civile a mis en évidence d’importants dépassements dans les dépenses de rémunération des agents publics. Ce document souligne un niveau élevé de dépassement des crédits alloués au personnel, en contradiction avec les prévisions budgétaires. Une telle situation constitue une violation récurrente de la loi relative aux finances publiques, qui fixe un plafond strict pour les dépenses de personnel.
Des perspectives globalement positives à moyen terme
« Les perspectives économiques demeurent globalement positives, avec une croissance attendue autour de 5,1 % entre 2026 et 2028. Cette dynamique devrait être soutenue par des projets d’infrastructures majeurs, tels que le développement d’Inga 3 et du corridor de Lobito, ainsi que par un environnement macroéconomique stable, caractérisé par une inflation modérée" », a-t-on lu.
Cependant, averti la source, « plusieurs risques pourraient freiner cette trajectoire, notamment la volatilité des prix des matières premières, les incertitudes liées aux partenaires commerciaux, les retards dans les réformes et la persistance de l’insécurité dans l’est du pays ».
Divine Mbala