Dans le territoire d'Irumu, province de l'Ituri, le prix du cacao a connu une baisse ces derniers jours, passant de 2,5 à près de 1,5 dollar américain le kilogramme dans certaines zones. Ces variations restent liées aux réalités du marché et aux circuits de commercialisation, selon les observateurs.
Cette baisse suscite de vives inquiétudes parmi les producteurs et les négociants.
À en croire Kakule Musa, coordonnateur de l'Union des négociants de produits agricoles au Congo (UNEPROAC) en Irumu, cette situation s'explique principalement par une surabondance du produit sur le marché international, notamment dans les pays exportateurs.
Cette situation est d'autant plus préoccupante qu'elle complique les transactions, avec une baisse de rentabilité et une incertitude croissante sur l'évolution du marché.
Dans une région où l'agriculture constitue l'une des principales sources de revenus, cette instabilité fragilise davantage les producteurs, dont les moyens de subsistance dépendent fortement de la commercialisation du cacao.
La filière cacao en Ituri reste fortement exposée aux dynamiques du marché international, sans mécanismes locaux solides de régulation des prix. Cette dépendance rend les producteurs particulièrement vulnérables aux fluctuations extérieures.
À cela s'ajoutent d'autres contraintes structurelles, notamment les difficultés d'accès aux marchés, le manque d'infrastructures de transformation et les défis sécuritaires dans certaines zones de production.
Selon les mercuriales des produits agricoles exportés par la République démocratique du Congo publiées lundi par le ministère du Commerce extérieur, le cacao connaît une légère hausse sur le marché international pour la période du 20 au 25 avril 2026, passant de 3,06 dollars le kilogramme la semaine passée à 3,26 USD le kilogramme cette semaine.
Dans un contexte marqué par l'insécurité et la précarité économique, la baisse des prix du cacao risque d'accentuer la vulnérabilité des ménages ruraux en Ituri, posant la question de la diversification des sources de revenus et du renforcement des mécanismes de résilience économique locale.
Freddy Upar, à Bunia