La Banque centrale du Congo (BCC) entend accélérer la modernisation du système financier congolais. En séjour de travail à Istanbul, où il conduit une délégation congolaise à la 10ᵉ Conférence des paiements des banques centrales, le gouverneur André Wameso Nkualoloki a mis en avant les enjeux liés à la résilience des infrastructures de paiement, à l’innovation technologique et à l’inclusion financière.
Tenue du 31 août au 2 septembre 2026, cette conférence réunit gouverneurs de banques centrales, régulateurs et experts du secteur autour des mutations qui affectent les systèmes de paiement dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les sanctions internationales et la multiplication des restrictions transfrontalières.
Une feuille de route pour moderniser les paiements
Pour la BCC, ces évolutions renforcent la nécessité pour les États de disposer d’infrastructures de paiement capables d’assurer la continuité des transactions, tout en restant interopérables avec les réseaux internationaux. Dans cette perspective, le gouverneur André Wameso a instruit les services techniques de la Banque centrale d’élaborer une feuille de route destinée à accompagner la transformation du système de paiement congolais.
Les échanges d’Istanbul ont également porté sur plusieurs technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle, la tokenisation, les stablecoins et les monnaies digitales de banque centrale (CBDC). Ces innovations pourraient contribuer à réduire les coûts des transactions, améliorer la lutte contre la fraude et faciliter les paiements transfrontaliers.
L’inclusion financière au cœur de la réforme
Mais la modernisation envisagée par la BCC se veut également inclusive. La question des paiements hors ligne figure parmi les priorités, notamment pour répondre aux contraintes liées à l’accès à l’électricité et à Internet dans plusieurs régions de la RDC. L’objectif est de développer des solutions financières adaptées aux réalités locales, sans accentuer les disparités d’accès aux services numériques.
Il sied de préciser que, par cette démarche, la BCC entend renforcer la sécurité et l’efficacité des flux financiers, tout en créant un environnement plus favorable aux investissements et au développement d’une économie congolaise davantage connectée aux évolutions de la finance internationale.
Divine Mbala