L’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, a expliqué les raisons qui avaient conduit le gouvernement Sama Lukonde II (2022) à privilégier la prudence en matière d’endettement commercial, alors que des banques sollicitaient la République démocratique du Congo pour une première émission obligataire.
Lors d’un Space organisé sur X par le journaliste Stanis Bujakera, ce mercredi 2 septembre, Nicholas Kazadi a indiqué que plusieurs banques manifestaient leur intérêt pour accompagner la RDC dans une émission obligataire. Selon lui, le gouvernement avait toutefois choisi de ne pas donner suite à ces sollicitations, estimant que le pays disposait déjà de ressources suffisantes.
« Depuis fin 2022, les banques appelées à souscrire à des obligations nous couraient après pour nous demander de lancer une première émission. C’est nous qui avions refusé de le faire parce que nous estimions que nous avions à la fois des recettes fiscales en accroissement et des appuis concessionnels en accroissement important», a-t-il expliqué.
Pour l’ancien ministre, recourir à des financements commerciaux à des taux d’intérêt plus élevés ne constituait donc pas une urgence. Il craignait notamment que les capacités d’absorption de ces ressources ne soient insuffisantes.
« Nous ne voyions pas l’urgence à aller prendre de l’argent sur le marché à des taux commerciaux parce que le problème de l’absorption de ces ressources pouvait se poser. C’était notre politique jusqu’à notre départ du gouvernement », a-t-il ajouté.
Plus de 8 milliards USD d’appuis extérieurs à absorber
Nicolas Kazadi estime que le principal défi auquel la RDC était confrontée ne résidait pas dans l’accès aux financements, mais plutôt dans la capacité à les mobiliser et à les utiliser efficacement.
« Le véritable défi pour nous, c’était d’apprendre à dépenser vite et bien, c’est-à-dire efficacement et au moindre coût, parce que nous avons beaucoup de ressources qui dorment », a-t-il déclaré.
À l’en croire, la RDC disposait alors de plusieurs milliards de dollars d’appuis extérieurs destinés au financement de projets, dont une partie n’avait pas encore été décaissée.
« Nous avons plus de 8 milliards de dollars d’appuis extérieurs qui doivent être dépensés dans les projets. Nous avons l’argent de Sicomines, près d’un milliard de dollars, qui devrait déjà être décaissé, mais qui ne l’est pas », a-t-il précisé.
Pour l’ancien ministre des Finances, cette situation justifiait la politique de prudence adoptée à l’égard de l’endettement commercial. L’enjeu, selon lui, était d’abord de maximiser l’utilisation des ressources déjà disponibles avant d’envisager de nouveaux emprunts sur les marchés internationaux.
Divine Mbala