Malgré ses potentialités minières, notamment le gisement de lithium dont le filon s’étend vers Manono, dans la province du Tanganyika, le Haut-Lomami, Sud-Est du pays, peine à attirer les investisseurs et à développer des industries minières capables de valoriser ses ressources.Honorine Lunda, ministre provinciale des Mines dans cette province en a fait cas au cours d’une session parallèle organisée dans le cadre de la 10ᵉ édition de l’Alternative Mining Indaba (AMI), qui se tient du 28 au 30 octobre 2026 à Lubumbashi.
« Chez nous, nous avons une province qui a des potentialités minérales, mais il n’y a pas d’industries minières qui opèrent. L’exploitation se fait d’une manière artisanale et semi-industrielle », a regretté Honorine Lunda, évoquant les difficultés rencontrées par sa province pour transformer son potentiel géologique en activités industrielles génératrices de revenus et d’emplois.
Pour elle, l’enjeu ne se limite pas à la conclusion des accords miniers au niveau national. Il consiste surtout à garantir des retombées économiques concrètes pour les provinces qui abritent les ressources naturelles.
« Pour nous, le problème, ce n’est pas qui signe les accords, mais plutôt ce que le Haut-Lomami en bénéficie », a-t-elle souligné, en référence aux négociations et aux projets portant sur les minerais stratégiques.
La ministre a notamment évoqué le lithium, dont le filon, selon elle, commence dans le territoire de Malemba-Nkulu, au Haut-Lomami, avant de se prolonger vers Manono, dans la province voisine du Tanganyika. Cette situation relance la question de la prise en compte des intérêts des provinces concernées dans les projets miniers et les mécanismes de partage des revenus issus de l’exploitation des ressources.
Le manque d’investissements et les obstacles structurels dans le Haut-Lomami
Intervenant également au cours de cette session, Fabien Mayani, du Centre Carter, a relevé plusieurs facteurs susceptibles d’expliquer le faible attrait du Haut-Lomami pour les investisseurs miniers.
Il a notamment cité l’insuffisance des données géologiques disponibles et accessibles, les incertitudes liées à la stabilité juridique et politique, ainsi que les difficultés du climat des affaires.
À ces contraintes s’ajoutent le déficit énergétique, le manque de routes et l’insuffisance des infrastructures nécessaires au développement de projets miniers industriels.
Pour Fabien Mayani, la connaissance du potentiel géologique constitue une étape essentielle pour attirer les capitaux. Les investisseurs ont besoin de données fiables sur les ressources disponibles afin d’évaluer les risques, de préparer leurs projets et de décider de l’engagement de leurs investissements.
L’amélioration de l’accès à l’électricité et aux infrastructures de transport apparaît également déterminante pour rendre les projets économiquement viables, particulièrement dans les provinces où les activités minières restent essentiellement artisanales ou semi-industrielles.
José Mukendi