Inflation, pénurie de carburant et ralentissement économique en RDC : les craintes de Flory Mapamboli sur la situation au Moyen-Orient

Photo d'illustration du Député Flory Mapamboli
Photo d'illustration du Député Flory Mapamboli
PAR Deskeco - 17 mar 2026 12:02, Dans Actualités

Le sujet est de plus en plus évoqué en République démocratique du Congo (RDC). Comme les autres conflits armés, notamment celui entre l'Ukraine et la Russie, la guerre au Moyen-Orient entre la coalition américano-israélienne et l'Iran pourrait affecter l'économie du pays, si des mesures urgentes ne sont pas prises avant. C'est ce qu'indique le député national, membre de la Commission économique et financière de l'Assemblée nationale, Flory Mapamboli, dans une interview accordée à Deskeco.com. L'élu de Kasongo Lunda a par ailleurs adressé une question d'actualité au ministre de l'Économie nationale, pour avoir des explications du gouvernement.

Une hausse généralisée des produits pétroliers

Pour Flory Mapamboli, la situation au Moyen-Orient va provoquer une hausse généralisée des produits pétroliers. 

« Cela aura un impact sur nous, parce que les produits pétroliers que l'on utilise sont importés. Nous n'avons pas de raffinerie sur place. Et même le brut, on n'en produit pas suffisamment », soutient-il.

Inflation importée

Le deuxième impact de cette guerre, c'est l'inflation, ou la hausse généralisée d'autres produits de consommation. 

« Comme nous consommons ce qui vient de l'extérieur, il y aura de l'inflation », explique le député national.

Risque de pénurie de carburant et de rationnement

La guerre entre les États-Unis et l'Iran pourrait aussi provoquer la pénurie de carburant. « Si on ne fait pas attention, on va tomber dans la pénurie de carburant à la pompe, ou le rationnement, ce qui va faire que les litres qui seront servis à la pompe par automobiliste soient limités », indique le député.

En effet, près de 25 % du transport maritime mondial de pétrole (brut et produits raffinés) passe par le détroit d'Ormuz, un passage maritime d'environ 55 km de largeur minimale, qui sépare la péninsule arabique de l'Iran. C'est la principale voie d'exportation du pétrole et du gaz produit par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, l'Irak, Bahreïn et l'Iran.

Ralentissement de l'économie

Par-dessus tout, le député national Flory Mapamboli craint que cette situation crée un ralentissement économique en RDC, étant donné que l'économie du pays est tenue par le secteur minier. 

« S'il n'y a pas de carburant, les miniers ne vont pas fonctionner, parce qu'ils utilisent beaucoup de carburants, dit-il».

En effet, le transport des minerais dans les mines vers les usines dépend fortement du carburant.

Que prévoit le gouvernement congolais ?

Lors de la 82e réunion du conseil tenue le vendredi 14 mars dernier, le gouvernement a rassuré que la situation actuelle d'approvisionnement en produits pétroliers est globalement maîtrisée.

« En ce qui concerne notre pays, le ministre de l'Aménagement du territoire a, au nom de la ministre d'État en charge des Hydrocarbures, en mission, rassuré que la situation actuelle de l'approvisionnement en produits pétroliers demeure globalement maîtrisée. Le stock disponible permet d'assurer la couverture des besoins du pays jusqu'au mois de juin, tandis que plusieurs navires transportant des cargaisons sont attendus dans les prochaines semaines afin de renforcer le niveau de stockage et de garantir la continuité de la distribution sur le marché intérieur », indique le compte-rendu du conseil des ministres tenu le vendredi 14 mars 2026.

Par ailleurs, certaines mesures ont également été présentées pour faire face à cette crise provoquée par la situation sécuritaire au Moyen-Orient et à ses effets sur l'économie nationale. Tenant compte de la tendance du prix moyen frontière et de son impact éventuel sur le prix à la pompe, une série de mesures à court, moyen et long termes a été soumise aux membres du gouvernement. Celles-ci visent notamment à préserver le système d'approvisionnement du pays en produits pétroliers, tout en maintenant l'équilibre budgétaire qui y est étroitement lié.

Bruno Nsaka et Divine Mbala

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