Guillaume Ngefa, ministre congolais de la Justice, a ordonné l’ouverture d’enquêtes judiciaires pour des faits présumés de détournement de 3 300 000 dollars américains, en rapport avec le « contrat conclu entre le Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des Activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) et l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), relatif à la réhabilitation du jardin zoologique et botanique de Kisangani ».
Selon un communiqué de ce mercredi 22 avril 2026 consulté par Deskeco, le montant initialement sollicité pour ce projet se chiffre à 700 000 USD, alors que le montant réellement payé est de 4 000 000 USD. Ces éléments d’information sont « corroborés par les constats de terrain ainsi que par le rapport de l’Inspection générale des finances », précise le ministère des Finances.
Sur le terrain, le ministère et d’autres services notent pourtant « une discordance manifeste entre le niveau d’exécution des travaux et les montants engagés, ainsi que de graves insuffisances en matière de contrôle, de traçabilité documentaire et de supervision technique ».
« Sans préjudice du respect de la présomption d’innocence, ces éléments justifient la mise en œuvre de l’action publique et la conduite d’investigations appropriées », peut-on lire dans le communiqué.
Le ministère de la Justice martèle toutefois sur « le respect de l’indépendance des juridictions, du principe de contradictoire et des droits de la défense, conformément aux lois de la République ».
Cette injonction intervient un jour après l’ouverture d’un autre procès, ce mardi 21 avril, concernant toujours la gestion du FRIVAO, et impliquant Chançard Bolukola, ancien directeur général du FRIVAO. Ce dernier aurait accordé des marchés publics de plusieurs millions de dollars à deux sociétés dont le ministère public n’a pu établir ni l’existence légale, ni l’identité des responsables, ni l’adresse physique.
Déjà, le FRIVAO a coûté son poste à Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, accusé de détournement de deniers publics dans l’affaire de la construction d’une prison à Kisangani.