Le gouvernement congolais a annoncé mercredi 8 juillet 2026 son intégration au sein du groupe Egmont, un réseau international regorgeant plus de 170 pays et partageant des renseignements financiers sur les flux financiers suspects entre les nations. Le réseau permet notamment aux parties prenantes d’échanger des informations sur les transactions afin de facilement détecter les fonds issus de la corruption, des détournements, voire liés aux trafics des stupéfiants, à l’exploitation illicite des ressources naturelles, la fraude fiscales et tant d’autres formes de criminalités financières.
Que représente l’adhésion de la RDC au sein de ce Groupe ? Du côté de ministère de Finances, elle constitue d’abord « une avancée majeure » dans le cadre de reformes amorcées il y a deux ans sous les efforts du ministère de Finances, en vue de faire face aux pratiques de blanchiment de capitaux et financement du terrorisme, dont souffrent les finances publiques ainsi que le secteur privé congolais. De ce fait, la RDC demeure toujours parmi les pays sous haute surveillance au niveau international.
« Cette admission constitue une avancée majeure qui consacre les reformes entreprises par le gouvernement de la République démocratique du Congo en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération (LBC/FT/FP », estime le Cabinet du ministère de Finances.
Avant d’ajouter,
« Elle témoigne de l’engagement constant des autorités congolaises, sous le leadership de son Excellence Monsieur le Président de la République et la conduite de son Excellence Madame la Première Ministre ainsi que des efforts du ministère de Finances, de la Cenaref et de l’ensemble des institutions nationales impliquées ».
Dans sa déclaration, le ministère estime également que cette intégration constitue un « levier important » pour accroitre la confiance des partenaires techniques et financiers du gouvernement congolais, tels que le FMI et la Banque mondiale, ainsi que des investissements internationaux. A d’autres termes, cette admission renforce la crédibilité et l’assurance du système financier congolais au niveau international, surtout que la RDC s’est dernièrement lancée sur le marché financier international, en émettant son premier eurobond chiffré à 1,25 milliard USD.
Pour les autorités congolaises, cette intégration vise aussi à « consolider les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations du Groupe d’action financière (GAFI) ». Cet organisme international, établissant les normes internationales pour lutter contre le blanchiment de capitaux, du financement du terrorisme et de la prolifération des armes en destruction massive, avait classé en octobre 2022, la RDC sur sa liste grise suite aux « défaillances stratégiques » dans le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme.
« Cette admission représente un levier important pour démontrer l’efficacité de la Cenaref, d’améliorer la qualité des enquêtes et des poursuites relatives au blanchiment de capitaux et du financement de terrorisme, renforcer la crédibilité dans la lutte contre la criminalité financière ainsi que la coopération internationale ainsi que d’accéder aux informations sur les bénéficiaires effectifs, les comptes bancaires, les sociétés, les transactions financières et les avoirs détenus à l’étranger » fait-il par ailleurs savoir.
La sortie de la liste grise de GAFI est obligatoire pour le gouvernement congolais s’il veut maintenir sa crédibilité devant les partenaires techniques et financiers internationaux. Le Fonds monétaire international, avec lequel les autorités congolaises mènent un programme de plusieurs milliards de dollars, l’a dernièrement fait savoir lors de la conclusion de ses revues sur les facilités en juin 2026, en indiquant que cette sortie est « essentielle » pour le développement du secteur privé.
Jean-Baptiste Leni