Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international a achevé la troisième revue de l'accord conclu avec la République démocratique du Congo au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que la deuxième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision ouvre la voie à de nouveaux décaissements destinés à soutenir les efforts économiques du gouvernement congolais, malgré un contexte sécuritaire particulièrement difficile.
Au terme de cette évaluation, la RDC bénéficiera d'un décaissement d’environ 258,2 millions USD, dans le cadre de la FEC. Ce versement porte le total des fonds déjà mobilisés à près de 1,03 milliard USD. À cela s'ajoute un décaissement d’environ 90,3 millions USD, au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité.
Une mise en œuvre satisfaisante du programme
Le FMI estime que l'exécution du programme économique est demeurée satisfaisante dans son ensemble, même si les dépenses exceptionnelles liées à la dégradation de la situation sécuritaire dans l'est du pays ont pesé sur les finances publiques. La plupart des critères de performance fixés à fin décembre 2025 ont été respectés.
Deux objectifs n'ont cependant pas été atteints : le solde budgétaire intérieur, affecté par l'augmentation des dépenses sécuritaires en fin d'année, ainsi que le critère permanent relatif aux pratiques de taux de change multiples, à la suite d'un ajustement de la marge de change appliquée par la Banque centrale du Congo dans ses opérations avec le Trésor public.
Selon cette institution de Bretton Woods, les autorités congolaises ont déjà pris des dispositions nécessaires afin de corriger ces écarts. Les réformes structurelles prévues dans le programme continuent également d'avancer, la majorité des engagements ayant été réalisés. Dans le cadre de la FRD, la méthodologie d'évaluation climatique des investissements publics a été finalisée avant le calendrier prévu, tandis que la révision du Code forestier accuse un retard attribué à des facteurs indépendants de la volonté des autorités.
À l'issue des travaux du Conseil d'administration, le Directeur général adjoint du FMI et président par intérim, M. Okamura, a fait savoir que les perspectives budgétaires pour 2026 demeurent globalement maîtrisables. Il a par ailleurs souligné que les bonnes performances enregistrées dans la mobilisation des recettes, soutenues par la hausse des prix des matières premières et les mesures de politique économique, compensent en grande partie les dépenses supplémentaires consacrées à la sécurité.
« Les perspectives budgétaires pour 2026 sont globalement gérables. La bonne performance dans la collecte des recettes, reflétant les cours favorables des matières premières et les mesures de politique économique, compense en grande partie les pressions persistantes sur les dépenses liées à la sécurité. Toutefois, le déficit budgétaire intérieur devrait s'élargir temporairement, reflétant l'effet de la guerre au Moyen-Orient et l'accommodation des investissements supplémentaires financés par les ressources de l'Eurobond », a-t-il déclaré.
Nécessite de maintenir une gestion rigoureuse
Le responsable du FMI a également insisté sur la nécessité de maintenir une gestion rigoureuse de finances publiques, de poursuivre les réformes visant à moderniser l'administration budgétaire et de renforcer davantage la mobilisation des recettes intérieures afin de dégager des ressources en faveur des investissements productifs et des dépenses sociales prioritaires.
À propos de la Facilité pour la résilience et la durabilité, M. Okamura a relevé que « la mise en œuvre du programme de réformes progresse bien, avec une mesure de réforme achevée plus tôt que prévu tandis qu'une autre a été retardée ».
En décembre 2025, le FMI avait achevé la deuxième revue de la FEC et la première de la FRD, permettant un appui d'environ 442 millions USD. Quelques mois auparavant, en juillet 2025, la première revue de la FEC avait déjà donné lieu à un décaissement de près de 162 millions USD.
Ces différents financements accompagnent les efforts du gouvernement congolais pour préserver les équilibres macroéconomiques, accroître les recettes publiques et soutenir les besoins budgétaires liés à la défense nationale dans un contexte où la crise sécuritaire continue d'affecter l'est de la République démocratique du Congo.
Jean-Baptiste Leni