Une chose est sûre, le Fonds monétaire international a été un garde-fou important et très indispensable au gouvernement congolais dans le cadre de la soutenabilité des finances publiques, et surtout de l'équilibre macro-économique. On se rappelle, en juillet 2025, l'institution de Bretton Woods validait la première revue accordant au Trésor public congolais une somme de près de 162 millions USD. Une somme qui paraît moins mais très indispensable pour les autorités congolaises. Le gouvernement connaissait un sérieux problème avec le financement destiné à la crise de guerre dans l'est de la RDC et la crise de Mobondo à l'entrée de la ville-province de Kinshasa. Et pour que les allocations à la défense ne puissent déstabiliser le cadrage macro-économique au profit de la guerre, le gouvernement en avait besoin, ce fonds du FMI.
En décembre 2025, le conseil d'administration valide encore une deuxième, avec cette fois-ci la première revue pour la résilience et la durabilité, à la hauteur de 442 millions USD. Une validation stratégique. Pourquoi "stratégique" ? Parce que le gouvernement connaissait un sérieux problème avec la mobilisation de recettes. Cela suite à une politique monétaire appliquée par la Banque centrale du Congo. À l'entrée d'André Wameso, à l'époque, nouveau gouverneur, en remplacement de Mme Kabedi, ce dernier va injecter 50 millions USD sur le marché de change, en vue de la dépréciation du dollar face au franc congolais. Cette politique improviste a eu un impact considérable non seulement sur le pouvoir d'achat des Congolais mais également sur la perception des recettes et redevances de l'État. Les régies financières avaient connu une baisse considérable de mobilisation de recettes, car un dollar qui s'échangeait à 28 000 FC, était échangé à 2 000 FC, un choc dangereux pour les finances publiques. En conséquence, le paiement des fonctionnaires et agents publics avait connu un sérieux problème. La pression sera diluée grâce à la validation du financement de la deuxième revue de facilité élargie de crédit et première revue de facilité pour la résilience et la durabilité.
Le 26 juin de cette année, l'institution financière internationale valide encore une troisième pour la facilité élargie de crédit et deuxième facilité pour la résilience et la durabilité en vue de remédier aux problèmes environnementaux. La RDC bénéficiera ainsi d'un décaissement d’environ 258,2 millions USD, dans le cadre de la FEC. Ce versement porte le total des fonds déjà mobilisés à près de 1,03 milliard USD. À cela s'ajoute un décaissement d’environ 90,3 millions USD, au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité. Cette validation a visé à alléger les pressions sur les finances publiques depuis 2025 avec la dépréciation forcée du dollar. Également avec la crise sécuritaire qui continue de peser sur les finances publiques congolaises, à cela s'ajoute, la dix-septième réapparition de la maladie à virus Ebola dans l'est du pays. La guerre au Moyen-Orient avec la fermeture du détroit d'Ormuz a également constitué un choc international, où le pays était obligé de mobiliser plus de fonds pour maintenir l'approvisionnement en pétrole et carburant afin d'éviter toute rupture.
Une autre cause de la fragilisation des finances publiques congolaises, c'est l'indiscipline budgétaire, plusieurs sorties ont été faites pour des participations aux salons internationaux et voyages budgétivores, de projets extrabudgétaires qui ne sont malheureusement pas prioritaires. Le tout a fragilisé l'état des finances de la RDC mais la pression a été en quelque sorte contenue par les différentes validations du FMI.
La guerre dans l'est a coûté plus de 13 milliards USD au Trésor public, selon l'actuel premier vice-président de l'Assemblée nationale. Fin 2025, les dettes intérieures étaient déjà à plus de 16 milliards USD selon Adolphe Muzito, ministre en charge du Budget.
Jean-Baptiste Leni