En RDC, le gouvernement entend accompagner l'entrée du projet Manono Lithium sur le marché international tout en veillant à ce que l'exploitation de cette ressource contribue davantage à l'industrialisation du pays. C'est dans cette optique que le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a reçu, lundi 13 juillet à Kinshasa, le représentant de la société Manono Lithium en République démocratique du Congo, Kévin Wang.
Au centre des échanges figurait l'organisation des exportations du concentré de lithium produit à Manono, dans la province du Tanganyika. Le ministère a annoncé que la société bénéficiera désormais de son accompagnement dans les démarches liées à l'exportation de sa production, dont une partie est déjà acheminée au port de Kalemie en attendant son expédition vers les marchés internationaux.
« La société MANONO LITHIUM, qui exploite le lithium à Manono, dans la province du Tanganyika, bénéficiera désormais de l'accompagnement du Ministère du Commerce Extérieur dans l'exportation de sa production, dont une partie se trouve déjà au port de Kalemie. MANONO LITHIUM est un projet qui prévoit une production annuelle d'environ un million de tonnes de concentré de lithium », a communiqué la cellule de la communication du ministère du Commerce Extérieur.
Le gouvernement lie les exportations à la création de valeur en RDC
Au cours de cette rencontre, Julien Paluku a rappelé que la politique du gouvernement ne se limite pas à favoriser les exportations des minerais bruts. Il a invité les responsables de Manono Lithium à inscrire leur projet dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi, qui privilégie la transformation locale des ressources minières afin de générer davantage de valeur ajoutée et d'emplois.
Selon les projections présentées, le projet prévoit une production annuelle d'environ un million de tonnes de concentré de lithium. Dès la première phase, évaluée à 500 000 tonnes par an, une part importante de cette production devra être transformée localement en sulfate de lithium avant d'être exportée par voie lacustre pour alimenter le marché mondial des batteries et des véhicules électriques.
Cette rencontre intervient alors que le projet de Manono est présenté comme l'un des plus importants gisements de lithium au monde. Selon Lewis Yola, expert et membre de Ressources Matters, une organisation qui s’occupe des ressources naturelles en RDC, son développement pourrait permettre à la RDC de s'imposer comme un acteur majeur de la chaîne d'approvisionnement mondiale en minerais critiques, en complément de son leadership dans la production de cobalt.
« La RDC détient le plus grand gisement de lithium en roche dure au monde. Avec cette réalité technique, le lithium la positionnera comme un acteur majeur sur la scène internationale. Cette situation lui procurera plusieurs opportunités tant sur le plan économique que sur le plan géopolitique », avait-il déclaré lors d’une interview accordée à Deskeco.
L’expert ajoute que ce projet va accroitre les recettes fiscales du pays, d’autant plus que la société Manono Lithium sera obligée de verser 10% de ses productions au lieu de 3,5 % de suite à son classement parmi les minerais stratégiques.
Toutefois, cette ambition reste conditionnée à plusieurs facteurs. L'organisation Resource Matters estime que la réussite du projet dépendra notamment de la stabilité du cadre juridique, de la résolution des différends liés aux permis miniers, de la disponibilité des infrastructures de transport et d'énergie, ainsi que de la capacité du pays à faire respecter l'engagement de transformer une partie de la production sur le territoire national.
Jean-Baptiste Leni