Gestion des finances publiques : le député Flory Mapamboli jette un regard critique sur la politique de la RDC

Flory Mapamboli.
Flory Mapamboli.
PAR Deskeco - 09 aoû 2026 15:22, Dans Finances

 

Dans ses analyses rendues publiques dans un tweet posté sur son compte consulté ce dimanche 9 août 2026 par DESKECO.COM, le député Flory Mapamboli, élu de Kasongo-Lunda, ne cherche pas de savoir si la RDC doit s'endetter mais plutôt si le pays s'endette "au bon montant, au bon coût et, surtout, au bon moment".

"Lorsqu'on s'endette, un principe universel de bonne gestion financière veut que les fonds mobilisés soient affectés, autant que possible, aux besoins pour lesquels ils ont été levés, au moment où ces besoins se matérialisent. C'est pourquoi une entreprise sollicite souvent une ligne de crédit plutôt que de mobiliser immédiatement la totalité d'un financement dont elle n'aura besoin que progressivement", a-t-on lu.

Le même tweet ajoute: 

«Pour l'État, lorsqu'il s'agit de financer des investissements structurants, la même logique commande de lisser les émissions de dette en fonction du calendrier d'exécution des projets et des plans prévisionnels de décaissement».

L'objectif, selon cet élu, est simple : 

"ne pas payer inutilement des intérêts sur de l'argent dont on n'a pas encore besoin".

Regard critique sur la gestion des finances publiques en RDC

" 1,25 milliard USD mobilisé dès avril 2026. Selon le Gouvernement, seuls 650 M$ seront utilisés cette année. Cela signifie que 600 M$ ne le seront pas en 2026, alors qu'ils produisent déjà des intérêts. Sur neuf mois, le coût brut de portage de ces 600 M$ peut approcher 41 M$. Même placés à 3,5 %, le coût net resterait de l'ordre de 25 M$. Et ces 600 M$ ne seront évidemment pas tous dépensés le 1er janvier 2027. Avions-nous réellement besoin de cet argent dès avril 2026 ?", s'est-il interrogé.

"Sur les 650 M$ prévus cette année, 138 M$ seulement ont été effectivement payés aux entreprises à ce jour. Ces 138 M$ ont bien été dépensés. Mais ce chiffre révèle surtout le rythme réel d'absorption des projets. Les prochaines factures arriveront progressivement, au rythme de l'exécution des travaux. Les 512 M$ restants ne seront donc pas absorbés instantanément. La thésaurisation risque ainsi de durer. Et chaque jour pendant lequel des ressources empruntées restent inutilisées a un coût", écrit le député Flory Mapamboli.

Il relève un autre paradoxe : 

"une partie des fonds de l'Eurobond est placée auprès des banques commerciales alors que l'État continue à emprunter sur le marché intérieur à travers les bons et obligations du Trésor. Il faut donc apprécier le coût consolidé de notre trésorerie et de notre dette, et pas seulement le rendement obtenu sur les dépôts".

L'élu de Kasongo-Lunda poursuit ses analyses en disant: 

 "Cet Eurobond représente environ 317.000 USD d'intérêts par jour, 9,5 M$ par mois et 114,2 M$ par an. Je ne discute pas ici de la pertinence économique des projets financés. Je suppose que le Gouvernement a correctement établi ses priorités et évalué leur rentabilité. Mon interrogation porte sur le timing de l'endettement : fallait-il mobiliser l'intégralité des 1,25 milliard USD dès avril alors que les besoins de paiement sont manifestement progressifs ?"

Bienvenu Ipan 

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