Si l'essentiel de son ouvrage dresse un bilan positif du contrôle a priori des finances publiques, Jules Alingete Key y consigne aussi un constat qui nuance ce tableau : une dépréciation sensible du franc congolais au cours de l'année 2024.
Selon les chiffres qu'il avance, le taux de change est passé de 1 980 francs congolais pour un dollar américain en début d'année 2024, à 2 850 francs congolais pour un dollar en fin d'année, une dépréciation de plus de 40 % sur douze mois.
L'auteur en tire une conséquence comptable directe : si les recettes fiscales et douanières ont continué de progresser en francs congolais sur la période, cette hausse ne s'est pas reflétée en dollars américains, la monnaie de référence utilisée pour l'essentiel de ses tableaux statistiques.
Sur l'origine de cette dégradation, Jules Alingete Key est explicite : il l'attribue à « la détérioration de la discipline budgétaire qui a souffert de l'augmentation sensible de paiements en procédure d'urgence irrégulière », soit la même dérive qu'il documente par ailleurs comme l'une des principales failles persistantes du système, malgré l'activation du contrôle a priori depuis 2021.
Ce constat introduit ainsi, au cœur même d'un ouvrage largement construit comme un plaidoyer pour la Patrouille financière, une reconnaissance implicite des limites du dispositif : la discipline budgétaire, censée être garantie par le contrôle a priori, seraient restée, selon les mots de l'auteur, imparfaitement assurée jusqu'en fin de mandat.