Affaire pollution CDM à Lubumbashi : un an après, la réparation des préjudices reste en suspens

Pollution industrielle
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PAR Deskeco - , Dans Mines


Un an après le déversement d’eaux usées industrielles attribué à Congo Dongfang International Mining (CDM), les communautés de Kasapa, Kamatete et Kamisepe, à Lubumbashi, attendent toujours, selon l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) et ses partenaires, la publication du rapport officiel d’évaluation des dommages et l’exécution des mesures de réparation annoncées par les autorités.

Survenu le 4 novembre 2025, cet incident environnemental avait entraîné le déversement, selon les organisations de la société civile, de plus de 2,5 millions de mètres cubes d’eaux usées chargées en métaux lourds dans des quartiers densément peuplés de la ville. Le lendemain, la mairie de Lubumbashi avait appelé les habitants à éviter tout contact avec les eaux potentiellement contaminées.

Dans un bilan publié à l’approche du premier anniversaire de cet incident, l’IRDH, aux côtés de Meda Mapendo, Horizon Kasapa et Action pour la Justice et les Droits humains (AJD), dénonce le retard dans la mise en œuvre des engagements pris en faveur des communautés affectées.

« Les communautés impactées attendent toujours la publication du rapport officiel de la Commission interministérielle chargée d’évaluer les dommages matériels, humains et environnementaux », déplorent les organisations.

Six millions de dollars de réparation collective annoncés

À la suite de la pollution, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait ordonné, le 6 novembre 2025, la suspension temporaire des activités minières sur le site de CDM.

Selon les organisations signataires, une lettre ministérielle du 17 janvier 2026 avait ensuite condamné l’entreprise au paiement de 6 millions de dollars américains au titre de la réparation collective et de 682 067 dollars pour les indemnisations individuelles.

Toutefois, l’IRDH et ses partenaires estiment que l’absence de publication du rapport officiel empêche les communautés de disposer d’une information complète sur l’étendue des dégâts et les mesures prises pour y remédier.

« Ce document est capital. Il éclairera l’opinion publique sur les effets différés des métaux lourds sur la santé des riverains et justifiera le montant alloué à la réparation collective », soutiennent-ils.

Huit mesures préalables à la reprise des activités

Au-delà des indemnisations financières, les organisations rappellent que la levée de la suspension de CDM était, selon elles, conditionnée à plusieurs mesures correctives.

Celles-ci comprennent notamment la prise en charge sanitaire des personnes affectées pendant au moins cinq ans, la mise en place d’un suivi épidémiologique, l’accès gratuit aux soins pour les cas recensés et le forage de quinze puits d’eau potable, à raison de cinq dans chacun des trois quartiers touchés.

Les engagements mentionnés portent également sur la sécurisation des conduites d’eau de la REGIDESO, l’installation de dispositifs de surveillance des eaux souterraines, l’achèvement de la réhabilitation de la route reliant CDM à Kasapa et la mise en place d’un mécanisme accessible de gestion des plaintes.

L’IRDH et ses partenaires affirment que la reprise des activités minières est intervenue sans communication publique suffisante sur les raisons de la décision ni sur l’exécution de l’ensemble de ces conditions.

Les conséquences sanitaires restent une préoccupation

La pollution survenue en novembre 2025 avait suscité des inquiétudes concernant la contamination de l’environnement et les risques pour les habitants exposés aux eaux déversées.

Au-delà des dommages immédiatement observables, les organisations soulignent la nécessité d’un suivi sanitaire dans la durée, notamment pour détecter d’éventuelles pathologies liées à une exposition prolongée aux métaux lourds.

Elles estiment que la réponse à cet incident ne peut se limiter à des indemnisations ponctuelles, mais doit inclure des garanties sanitaires, environnementales et sociales pour les populations concernées.

« La santé des milliers de familles de Kasapa, Kamatete et Kamisepe ne peut être sacrifiée sur l’autel de l’impunité minière », déclarent les organisations signataires, qui demandent la publication sans délai du rapport d’enquête et l’exécution intégrale des réparations collectives et des mesures prescrites par le ministre des Mines.

Un an après les faits, la transparence sur les conclusions de l’enquête, l’état des indemnisations et l’application des mesures correctives demeure ainsi au cœur des revendications des communautés affectées.

José Mukendi

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