RDC : la BCC poursuit l’assouplissement de sa politique monétaire en abaissant son taux directeur à 15 %, avec quel risque ?

Andre Wameso, gouverneur de la Bcc, lors de la première session ordinaire de l’année 2026 du comité politique monétaire , tenue jeudi 8 janvier 2026
Andre Wameso, gouverneur de la Bcc, lors de la première session ordinaire de l’année 2026 du comité politique monétaire , tenue jeudi 8 janvier 2026
PAR Deskeco - 09 jan 2026 06:56, Dans Finances

Lors de la première session ordinaire de l’année 2026, tenue ce jeudi 8 janvier 2026, le Comité de politique monétaire, réuni sous la présidence du Gouverneur André Wameso, a décidé de réduire une nouvelle fois le taux directeur, désormais fixé à 15 %.

Dans un communiqué officiel, l’institution d’émission explique que cette décision s’inscrit dans la continuité des mesures d’assouplissement engagées depuis la fin de l’année 2025. Elle est, selon elle, la confiance retrouvée des autorités monétaires dans la solidité des fondamentaux macroéconomiques de la République démocratique du Congo et vise à faciliter davantage l’accès au crédit pour l’économie réelle.

Cette nouvelle baisse intervient après une réduction jugée significative opérée en octobre 2025, lorsque le taux directeur avait été ramené de 25 % à 17,5 %. En l’abaissant aujourd’hui à 15 %, la BCC confirme son orientation vers un environnement financier plus favorable aux opérateurs économiques, en particulier aux entreprises, aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux ménages désireux d’investir ou de développer leurs activités, souligne l’institution.

La décision de la Banque centrale intervient dans un contexte marqué par une maîtrise progressive de l’inflation et une stabilisation des principaux indicateurs macroéconomiques. Pour de nombreux observateurs, elle constitue un signal fort d’optimisme quant aux perspectives de redressement économique du pays. 

Pour André Wameso, cette mesure s’inscrit dans une démarche cohérente avec les objectifs nationaux de croissance inclusive, de création d’emplois et de soutien durable au secteur productif.

Le taux directeur, principal instrument de la politique monétaire, permet à la banque centrale d’influencer le coût du crédit et la liquidité dans l’économie. En le réduisant, la BCC rend l’accès aux financements bancaires moins onéreux, incitant ainsi les banques commerciales à accorder davantage de prêts aux entreprises et aux ménages. 

L’objectif affiché est de stimuler la croissance de l’économie réelle, encourager l’investissement privé, soutenir la consommation et favoriser la création d’emplois, notamment au sein des PME.

Quel risque de cette baisse continue  ?

Toutefois, cette politique comporte également des risques liés à une politique trop accommodante. Un excès de liquidités pourrait, à terme, raviver des pressions inflationnistes ou fragiliser la stabilité financière si ces mesures ne sont pas accompagnées de réformes structurelles solides et d’un encadrement rigoureux du système financier.

Les autres instruments de politique monétaire, notamment les coefficients de réserve obligatoire, demeurent inchangés, a annoncé le gouverneur.

Jean-Baptiste Leni 

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