Dans sa communication lors de la 87ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 24 avril 2026, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi est revenu sur la nécessité de renforcer la gouvernance du secteur minier, de lutter contre la fraude minière et de mettre fin à l’exploitation illicite des ressources naturelles.
Le Chef de l’État a indiqué avoir été saisi d’informations concordantes faisant état du développement préoccupant d’activités minières anarchiques et illégales dans certaines zones du territoire national, notamment dans les territoires d’Aru et de Mahagi en Ituri, ainsi que dans les provinces du Bas-Uélé et du Maniema.
Selon le Président de la République, ces activités menées en dehors de tout cadre légal se caractérisent par de graves atteintes à la dignité humaine, à l’environnement et à l’autorité de l’État. Elles incluent notamment la profanation de sépultures avec exhumation de restes humains, la destruction de terres agricoles, la pollution des nappes phréatiques par l’usage de substances toxiques, ainsi que des arrestations arbitraires visant des autorités coutumières et des citoyens dénonciateurs.
Au-delà de ces violations, Félix Tshisekedi a dénoncé une véritable exploitation organisée des ressources naturelles, opérée à grande échelle à l’aide d’engins lourds pour l’extraction de l’or et d’autres minerais stratégiques. Ces activités, généreraient selon lui, des revenus se chiffrant en milliards de dollars par an, sans retombées ni pour le Trésor public ni pour les communautés locales.
Pour le Chef de l’État, cette situation est inacceptable, car elle porte atteinte à la souveraineté économique du pays, compromet la durabilité environnementale et fragilise la cohésion sociale dans les zones concernées. Il a ainsi exigé l’arrêt immédiat de ces pratiques.
Le Président de la République a salué l’initiative du ministre des Mines, qui a déjà mis en place une commission mixte associant les autorités provinciales, l’administration minière ainsi que les forces de défense et de sécurité, afin d’identifier les responsabilités et de proposer des mesures correctives.
Dans la même dynamique, Félix Tshisekedi a instruit le vice-Premier ministre de l’Intérieur, le ministre de la Défense, la ministre de la Justice ainsi que la ministre de l’Environnement de travailler conjointement avec le ministère des Mines de mettre en place un dispositif opérationnel et cohérent de lutte contre l’exploitation minière illicite.
Ce dispositif devra notamment intégrer la saisie systématique des engins utilisés dans les exploitations illégales, la sécurisation des sites concernés, ainsi que l’identification, la poursuite judiciaire et la sanction sans complaisance des auteurs et de leurs réseaux de soutien. Il prévoit également la réaffectation, dans un cadre légal et transparent, des équipements saisis au profit de structures congolaises engagées dans une exploitation responsable et conforme aux normes internationales et environnementales.
Par ailleurs, le ministre des Mines a été invité à soumettre, dans les meilleurs délais, des propositions concrètes visant à renforcer les capacités de l’Inspection générale des mines, notamment en moyens humains, techniques et financiers, afin de lui permettre d’accomplir efficacement sa mission de contrôle et de régulation du secteur extractif.
Divine Mbala