L’Inspection générale des mines (IGM) a annoncé la création d’une Garde minière, une unité spéciale à caractère paramilitaire chargée de sécuriser l’ensemble de la chaîne d’exploitation des minerais en République démocratique du Congo (RDC).
Selon un communiqué officiel, cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de lutter contre l’insécurité persistante sur les sites miniers, marqués par des phénomènes de fraude, de pillage et de manque de traçabilité des ressources.
Cependant, cette annonce ne fait pas l’unanimité. L’ancien député national et président du parti politique Mouvement social, Jean-Claude Kibala, émet de sérieuses réserves quant à la pertinence et à la conformité de cette nouvelle structure.
Dans une analyse partagée sur son compte X, il souligne notamment une constitutionnalité douteuse de la Garde minière, au regard de l’article 188 de la Constitution et de la loi organique n°11/012 régissant les Forces armées de la RDC (FARDC). À cela s’ajoute, selon lui, un risque de doublon institutionnel, la Police des mines étant déjà prévue par le Code minier révisé de 2018.
Jean-Claude Kibala pointe également un sous-dimensionnement budgétaire structurel, estimant que la dotation initiale annoncée, environ 5 000 dollars américains par agent, serait insuffisante pour garantir l’efficacité opérationnelle de cette unité.
Par ailleurs, il met en garde contre une possible reproduction des dysfonctionnements déjà documentés par les Nations unies au sein des forces régulières, notamment les FARDC et la Police nationale congolaise (PNC), dans la gestion des sites miniers.
Enfin, l’ancien parlementaire évoque un risque de privatisation progressive de la sécurité minière, au profit d’intérêts étrangers, dans un contexte où certains accords font déjà l’objet de contestations devant la Cour constitutionnelle.
Pour Jean-Claude Kibala, si la nécessité de sécuriser les sites miniers en RDC ne fait aucun doute, la réponse apportée par les autorités soulève des interrogations majeures. Il estime que la solution devrait plutôt passer par une réforme en profondeur du secteur de la sécurité, fondée sur l’État de droit, le contrôle parlementaire et la transparence, plutôt que par la création de structures parallèles.
À savoir, la création de la Garde minière prévoit le déploiement progressif de plus de 20 000 agents d’ici à fin 2028, couvrant les 22 provinces minières placées sous la supervision de l’IGM. Un premier contingent de 2 500 à 3 000 recrues sera constitué à l’issue d’un processus de sélection jugé rigoureux.
Les futurs membres de la Garde minière suivront une formation intensive de six mois, organisée en collaboration avec la Maison militaire. Ils seront également équipés de matériels modernes afin de mener efficacement leurs missions sur le terrain.
Ce programme, qui bénéficie de partenariats stratégiques avec les États-Unis et les Émirats arabes unis, est doté d’un financement de 100 millions de dollars et s’appuiera sur des infrastructures d’entraînement déjà opérationnelles.
Divine Mbala