Intervenant dans une émission télévisée sur son bilan d'un an dans le gouvernement Suminwa II, la ministre de l’Environnement et Développement durable, Marie Nyange Ndambo, s'est félicitée des avancées dans la finalisation de la politique forestière qui fixe les grandes orientations de la gouvernance forestière ainsi que du Code forestier réglementant les modalités d’exploitation des forêts en République démocratique du Congo.
« Nous avons pu finaliser la politique forestière et le Code forestier est en cours de finalisation. Nous pensons qu’à la session de septembre, ce Code arrivera au niveau du Parlement pour être voté », a-t-elle expliqué.
Elle a souligné qu'une fois promulguée par le chef de l'État, ce dispositif légal va permettre au pays d'accéder à un financement de 230.000 milliards USD de la Banque mondiale.
"La Banque mondiale évalue les forêts de la RDC à 230 000 milliards de dollars. L’accès à ces ressources nécessite la mise en place d’un dispositif légal permettant de mobiliser ces financements", a déclaré la ministre.
"Afin de permettre aux communautés rurales qui dépendent des forêts de bénéficier de ces ressources, le gouvernement mise sur le marché carbone à travers les paiements pour services environnementaux", a souligné la professeure Marie Nyange.
20% de bénéfices réservés aux populations bénéficiaires de forêts
Dans le souci de redorer l’image du pays à l’extérieur, son ministère a organisé la première Semaine du climat, qui a réuni tous les acteurs et toutes les parties prenantes de la gouvernance forestière. Cette première édition a débouché sur une feuille de route présentée à Belém, laquelle a reçu un écho très favorable et contribué à améliorer l’image de la RDC.
Parallèlement, une réforme a été mise en place afin de permettre au pays de mobiliser des ressources financières pour son développement.
À cet effet, une stratégie de valorisation, de certification et de monétisation des ressources forestières de la RDC est en cours de mise en œuvre. Cette stratégie repose sur deux piliers majeurs : le registre carbone souverain et les dispositifs MRV.
"Ces deux piliers ne peuvent être appliqués sans un cadre légal. Ce qui fait que nous avons travaillé sur la loi sur le marché carbone que nous sommes en train de finaliser. Elle a déjà été validée parmi les matières d’habilitation du gouvernement et nous sommes en phase de finalisation pour que le Président de la République puisse prendre l’ordonnance-loi qui consacrera cette réforme fondamentale et cruciale pour la République », a-t-elle expliqué.
Et de poursuivre :
« Depuis que je suis là, je viens de valider cinq projets qui vont travailler sur les paiements pour services environnementaux. Il y a aussi les paiements pour les services écosystémiques et nous avons déjà validé quatre projets qui vont travailler sur les paiements pour services écosystémiques. Pour ces paiements, et surtout le marché carbone, 20 % des bénéfices sont réservés aux communautés locales. C’est une norme de l’Accord de Paris. Lorsque vous avez vendu des crédits carbone, 20 % des bénéfices sont d’abord défalqués pour les communautés locales », a rappelé la ministre de l’Environnement.
À propos du recyclage des déchets plastiques
Abordant le recyclage des déchets plastiques, elle a déploré un fait:
"Ce recyclage fait partie des éléments qui dégradent énormément notre environnement. C’est d’ailleurs pour cela que le Président de la République a pris l’initiative de mettre en place une task force".
La ministre a indiqué que dans le cadre des réformes engagées, son équipe a travaillé sur des projets visant à limiter les déchets plastiques dans les villes ou à les transformer en ressources économiques.
« Les déchets plastiques, au-delà d’être des déchets, sont aussi des matières premières pour la transformation. On peut en faire beaucoup de choses et j’encourage tous les partenaires qui viennent investir dans la transformation des déchets plastiques ainsi que d’autres déchets solides et liquides. À ce jour, nous comptons déjà douze projets et nous espérons que d’ici la fin de l’année, parmi les douze projets que nous avons signés, nous pourrons obtenir des résultats concrets sur le terrain », a insisté la ministre Marie Nyange Ndambo.
Bienvenu Ipan