Intervenant au live Space sur X animé le mercredi 2 septembre 2026 par le journaliste Stanis Bujakira Tshiamala, l'ex-ministre des Finances sous le gouvernement Sama Lukonde, a émis son point de vue sur la décentralisation financière, et notamment sur la rétention à la source de 40 % des recettes à caractère national au profit des provinces et des entités territoriales décentralisées (ETD), ainsi que sur les 10 % destinés à la Caisse nationale de péréquation. Sur ce point, Nicolas Kazadi s'est montré particulièrement critique, pointant des « incohérences constitutionnelles ». Il a affirmé qu'une contradiction arithmétique et pratique empêche la mise en œuvre effective de la Caisse nationale de péréquation, prise en étau entre les 10 % de ressources globales qui devraient lui être affectés et les 40 % prélevés à la source par les provinces.
« Tout cela est incohérent et impraticable. Ça a été prouvé de multiples façons », a-t-il tranché.
Il a ajouté que le régime fiscal actuel des provinces rend un grand nombre d'entre elles non viables économiquement, et a élargi la critique au système électoral provincial, élection des gouverneurs et des sénateurs, qu'il a qualifié de dépendant d'une « corruption devenue quasi officielle ».
Un plaidoyer pour le dialogue national
Nicolas Kazadi a regretté qu'un climat de suspicion empêche aujourd'hui d'aborder ouvertement ces questions constitutionnelles, y voyant une chape qui bloque le débat sur des sujets pourtant consensuels parmi les experts. Il a plaidé pour que le Dialogue national convoqué par le président Félix Tshisekedi serve de cadre pour aborder frontalement ces enjeux fiscaux, économiques et institutionnels, y compris ceux jugés sensibles.
« On connaît les sujets qui fâchent, mais il y a un large consensus là-dessus. Parlons-en, essayons de voir comment améliorer les choses. Sinon, on va aller de cycle électoral en cycle électoral sans rien régler », a-t-il conclu, en substance.