À la faveur d'un live Space sur X animé le mercredi 2 septembre 2026 par le journaliste Stanis Bujakira Tshiamala, Nicolas Kazadi, l'ex-ministre des Finances sous le gouvernement Sama Lukonde, a rejeté en bloc les propos de son interlocuteur, le professeur et député national Ngondankoy qui évoquait le déficit structurel au processus d'identification de la population en République démocratique du Congo.
Le professeur Ngondankoy a pointé un déficit structurel : l'absence d'un système fiable d'identification et d'adressage de la population, condition selon lui indispensable pour qu'un État puisse contrôler et retrouver ses contribuables, comme cela se pratique ailleurs.
Nicolas Kazadi a partagé le constat sur l'urgence de l'identification, rappelant qu'un processus de « mutualisation » avait été piloté par la Primature sous le gouvernement Sama, sans avoir pu être mené à son terme « pour diverses pesanteurs ». Il a salué la reprise du dossier par le gouvernement actuel.
« On ne peut pas comprendre qu'en quarante ans, nous n'ayons pas de carte d'identité, et que nous soyons là à nous accuser mutuellement de qui est congolais ou pas, alors qu'on est incapable même d'avoir une identification. Nous nous fragilisons nous-mêmes », a-t-il déclaré.
En revanche, Nicolas Kazadi a nuancé le lien direct établi par son interlocuteur entre déficit d'adressage physique et blocage fiscal.
Pour l'ex-ministre, les outils numériques actuels permettent de contourner l'obstacle: « Si on n'a pas une adresse physique, on aura une adresse électronique, on aura un email. On peut contrôler la population grâce aux moyens digitaux de l'État », a-t-il expliqué.
Nicolas Kazadi a rappelé que l'accélération de la digitalisation figurait parmi les engagements du régime. Il est allé plus loin en établissant un lien avec le processus électoral : selon lui, un fichier d'identification biométrique unique permettrait d'aboutir à une liste électorale permanente, faisant l'économie des opérations répétées d'enrôlement. Il a chiffré l'économie potentielle à près de 500 millions de dollars par cycle électoral, montant aujourd'hui englouti, d'après lui, dans la reconstitution systématique du fichier électoral avant chaque scrutin.
Bienvenu Ipan