« Le succès du corridor de Lobito dépend avant tout d'un alignement stratégique clair et d'une coordination efficace entre toutes les parties prenantes », João Lourenço aux partenaires

Les partenaires lors de la réunion inaugurale de la coordination de Corridor de Lobito tenue jeudi 5 au 6 février 2026 à Luanda, en Angola
Les partenaires lors de la réunion inaugurale de la coordination de Corridor de Lobito tenue jeudi 5 au 6 février 2026 à Luanda, en Angola
PAR Deskeco - 07 fév 2026 07:19, Dans Actualités

Annoncé en 2023 comme l’un des projets structurants majeurs pour l’intégration économique régionale en Afrique australe et centrale, le corridor de Lobito peine encore à s’accélérer concrètement sur le terrain. 

Si plusieurs avancées institutionnelles et techniques ont été enregistrées depuis son lancement, la dynamique opérationnelle demeure en deçà des attentes, sur fond de communication jugée insuffisante, notamment de la part des États-Unis, principaux initiateurs et soutiens internationaux du projet.

C’est dans ce contexte que s’est tenue, ce jeudi 5 février à Luanda, la réunion inaugurale du mécanisme de coordination du corridor de Lobito, réunissant de partenaires techniques et financiers de premier plan, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Union européenne.

Dans son discours, João Lourenço a posé un diagnostic sans ambiguïté sur les conditions de réussite du projet. 

« La présence de hauts fonctionnaires du gouvernement des trois pays qui composent le corridor et de partenaires de développement multilatéraux et bilatéraux montre qu’il y a un accord commun selon lequel le succès du corridor Lobito dépend avant tout d’un alignement stratégique clair et d’une coordination efficace entre toutes les parties prenantes », a-t-il déclaré.

Pour le chef de l’État angolais, les partenaires de développement occupent une place centrale dans cette architecture. 

Leur appui, a-t-il souligné, a été déterminant « non seulement pour mobiliser des investissements catalyseurs, mais aussi pour soutenir les réformes structurelles et l’harmonisation réglementaire, dimensions essentielles pour renforcer la crédibilité des corridors, réduire les risques, attirer les capitaux privés et garantir des résultats concrets ».

Face aux lenteurs constatées, le président de l’Union africaine a insisté sur la vocation du mécanisme de coordination mis en place. « C’est dans ce contexte que le mécanisme de coordination du corridor Lobito émerge, conçu comme une plateforme de coordination et d’alignement stratégique », a expliqué João Lourenço. 

Il a précisé que l’objectif n’était « ni de créer de nouvelles structures, ni de bureaucratie supplémentaire », mais de veiller à une meilleure articulation entre les projets portés par les institutions multilatérales, les partenaires bilatéraux et le secteur privé.

Selon lui, l’enjeu est d’éviter « les doubles emplois, la fragmentation et les efforts parallèles qui pourraient réduire l’impact collectif », soulignant que « la complémentarité entre les projets, le financement et les réformes est la clé pour maximiser les résultats et accélérer la mise en œuvre ».

Le projet du corridor de Lobito repose également sur une forte implication du secteur privé. À ce titre, le consortium Lobito Atlantic Railway, composé de Trafigura (Suisse), Vecturis (Belgique) et Mota-Engil (Portugal), a remporté l’appel d’offres international pour l’exploitation du corridor ferroviaire sur une durée de 30 ans. 

Le consortium s’est engagé à porter la fréquence des trains à 49 convois par jour, à créer environ 1 600 emplois directs et à assurer l’entretien des infrastructures, tout en prenant en charge le transport des minerais, notamment les concentrés de cuivre, vers les marchés extérieurs.

Comme l’a rappelé João Lourenço, sans un alignement clair des priorités et une action concertée de l’ensemble des acteurs publics et privés, le corridor de Lobito risque de ne pas atteindre le potentiel économique et géopolitique qui lui est aujourd’hui assigné.

Jean-Baptiste Leni 

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