La plateforme de la Société civile "Le Congo n'est pas à vendre" (CNPAV), à travers son organisation membre- Afrewatch-, dénonce des "graves inégalités observées dans le train de vie du personnel de l'État en République démocratique du Congo". C'est le résultat de l'étude dont le rapport a été présenté lundi à Kinshasa.
Basée sur une analyse de données accessibles, la présente étude constate ce qui suit:
"La rémunération initiale de base des agents publics varie de 240.720 FC pour un huissier, à 390.439 FC pour un secrétaire général', soit une tension salariale variant de 1 à 1,62%. Pour les mandataires publics, la rémunération varie de 11.150$ à 32.000$. Les primes et avantages sociaux varient fortement entre institutions publiques voire au sein des institutions et administrations publiques. Pour l'enseignement supérieur et universitaire, par exemple, la prime institutionnelle varie de 272.024 FC pour les agents de bureau du 2ième classe à 4.406.429 FC pour les professeurs d'université. La tension de traitement de base varie de 1 à 1,29% tandis que la proportion de la prime par rapport au traitement de base varie de 87,01% à 1.094,88%".
"Les rémunérations versées au Président de la République, aux Présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, à la Première ministre (avec les membres du gouvernement) et leurs équivalents à la présidence de la République ne sont pas accessibles au public", dénonce l'étude.
Et d'ajouter:
"Le non-respect du droit à l'égalité de tous en droit et devant la loi dans la répartition équitable des richesses publiques et plus particulièrement dans la fixation et répartition des rémunérations des agents publics de l'État résulte de fortes inégalités entre les services publics, administrations et institutions publiques nationales et provinciales, des entités territoriales décentralisées, de provinces jusqu'à l'institution Président de la République".
La présente analyse met également en évidence, l'absence d'harmonisation salariale entre les administrations publiques à divers niveaux, caractérisée par des écarts significatifs dans le traitement et le paiement des primes entre les agents publics des institutions centrales.
"Ces disparités nourrissent la frustration sociale, fragilisent la cohésion administrative et encouragent des pratiques clientélistes et népotistes dans les nominations, affectations et avancements en grade", renseigne-t-on.
Sur le plan institutionnel, l’étude note la multiplication de certaines rubriques des dépenses de prestige telles que les fonds spéciaux d’intervention et les frais de recherches alloués aux différentes institutions et services, non traçables dans leur affectation avec la faible efficacité des mécanismes de contrôle mis en place, traduisant un déficit de redevabilité et
une violation récurrente des dispositions de la Loi relative aux finances publiques (LOFIP).
"Cette situation entretient un modèle budgétaire centré sur la consommation institutionnelle, au détriment des investissements structurants et la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels des citoyens.
Ces dépenses institutionnelles engagées au niveau de plusieurs institutions, administrations et services de l’État qui, ne sont ni justifiées et encore moins traçables, alimentent non seulement le train de vie des institutions publiques mais aussi, les rémunérations illicites de certaines catégories des agents publics parce que
l’on appelle communément les invisibles. Ce qui aggrave les injustices et les disparités dans les rémunérations des agents publics", a-t-on lu.
Bienvenu Ipan