Au lendemain de l’échouage suivi de la mort d’une baleine sur les côtes de Moanda, dans la province du Kongo Central, l’Action pour l’Environnement, les Droits de l’Homme et le Développement (ACEDH) appelle les autorités congolaises à diligenter une enquête scientifique indépendante afin d’établir les causes de ce drame écologique.
Dans un communiqué parvenu à Deskeco, l’organisation de la société civile estime que plusieurs pistes doivent être examinées, notamment les éventuelles vibrations sismiques, les mouvements des machines de forage ainsi que la pollution des eaux et des sols liée aux activités d’exploration et d’exploitation pétrolières offshore de Perenco RDC.
L’ACEDH indique que cet incident survient dans un contexte de préoccupations environnementales croissantes à Moanda. Elle cite un audit environnemental réalisé en juin 2026 par le cabinet Alex Stewart International à la demande du gouvernement congolais, qui aurait révélé une contamination importante des sols et des eaux ainsi qu’une dégradation de la biodiversité dans la région.
L’organisation précise toutefois qu’il est prématuré d’établir un lien direct entre la mort de la baleine et les activités pétrolières de Perenco. Elle estime néanmoins que ces éléments justifient une enquête indépendante et rappelle que des organisations de la société civile dénoncent depuis plusieurs années les impacts environnementaux des activités de la compagnie.
L’ACEDH déplore également le manque de moyens logistiques et techniques de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), qui n’aurait pas permis de sauver l’animal malgré la mobilisation des populations locales.
L’organisation rappelle que la RDC est liée par plusieurs conventions internationales relatives à la protection du milieu marin et des espèces migratrices, lesquelles imposent aux États de protéger les écosystèmes marins et d’enquêter sur toute mortalité anormale d’espèces protégées.
Parmi ses recommandations, l’ACEDH demande au gouvernement d’examiner les conclusions de l’audit environnemental, de mettre en place une commission d’enquête internationale composée d’experts indépendants, d’envisager des mesures conservatoires pouvant aller jusqu’à la suspension des activités de Perenco en attendant un plan de dépollution, et de rendre public le rapport d’audit afin de garantir la transparence et le droit des communautés à l’information.
Divine Mbala