RDC : avec plus de 857 millions USD encaissés, le FOMIN appelé à transformer les revenus miniers en patrimoine pour les générations futures

Fomin
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PAR Deskeco - , Dans Mines

 

Le Fonds minier pour les générations futures (Fomin) est appelé à jouer un rôle central dans la capacitation de la RDC à transformer ses revenus miniers actuels en un patrimoine durable. Alors que le pays tire d’importantes recettes de l’exploitation de ses ressources naturelles, l’enjeu consiste désormais à préparer l’après-mine et à faire en sorte que la richesse générée aujourd’hui continue de bénéficier aux générations futures. Ce constat est contenu dans une note d’information en prélude de Makutano Mining qui se tiendra à novembre 2026 à Kinshasa. 

Créé dans le cadre de la réforme du Code minier, le Fomin repose sur une logique d’épargne à long terme, à en croire la note. Il est alimenté notamment par 8 % de la redevance minière revenant à l’État central et 20 % des pas-de-porte. Contrairement aux mécanismes destinés à financer directement des dépenses ou des projets à court terme, ce fonds a vocation à constituer des richesses matérielles et financières susceptibles de prendre le relais lorsque les ressources minières viendront à diminuer.

Selon les données présentées dans la même note d’information consacrée aux mécanismes de redistribution du secteur minier, le FOMIN a encaissé plus de 857 millions USD entre 2020 et 2025. Ce niveau de ressources lui confère une capacité financière importante, à condition que les fonds soient gérés de manière rigoureuse et orientés vers des investissements capables de produire des effets durables sur l’économie congolaise.

L'enjeu est d'autant plus important que l'exploitation minière reste, par nature, limitée dans le temps. Les gisements s'épuisent et les cycles des matières premières sont soumis aux fluctuations des marchés internationaux. Pour la RDC, la question n'est donc pas uniquement de savoir combien le secteur minier rapporte aujourd'hui, mais comment convertir une partie de ces revenus en actifs qui continueront à produire de la valeur lorsque certaines ressources seront moins disponibles.

Dans cette perspective, le Fomin pourrait notamment contribuer au financement de la recherche géologique, afin d'améliorer la connaissance du potentiel minier national et de préparer les futures générations d'exploration. Il pourrait également soutenir le développement d'infrastructures structurantes, à condition que les investissements retenus répondent à une logique de rentabilité économique et de bénéfice collectif à long terme.

La transformation locale des minerais constitue un autre domaine susceptible de bénéficier de cette épargne. La RDC dispose d'importantes ressources en cuivre, cobalt et autres minerais critiques, mais une partie significative de la valeur ajoutée est encore créée en dehors du pays. Investir dans les capacités industrielles, les technologies et les compétences pourrait permettre de conserver davantage de valeur sur le territoire national.

Le soutien aux PME et PMI congolaises représente également un levier important. L'objectif serait de favoriser l'émergence d'un tissu économique capable de fournir des biens et services au secteur minier, mais aussi de développer des activités indépendantes de l'exploitation des ressources naturelles. Une telle orientation contribuerait à diversifier l'économie et à réduire progressivement sa dépendance aux revenus extractifs.

Cette réflexion intervient dans un contexte où 2026 marque également une nouvelle étape dans l'appropriation nationale du secteur minier. Le 31 juillet 2026 a notamment marqué l'expiration du moratoire relatif à l'application de la disposition prévoyant l'octroi d'au moins 5 % du capital des entreprises minières aux travailleurs congolais, tandis que les exigences liées au contenu local sont progressivement renforcées.

Jean-Baptiste Leni

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