Franc congolais : Jean-Claude Masangu raconte la fin des «espaces monétaires» et la résistance à la guerre

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PAR Deskeco - , Dans Finances

 

Invité du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala mardi 6 octobre, l'ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) a raconté comment le franc congolais a réunifié un pays monétairement morcelé, quelques semaines avant le début de la guerre de 1998.

Avant le franc congolais, la RDC ne vivait pas sous une seule monnaie. Jean-Claude Masangu Mulongo décrit un territoire divisé en plusieurs « espaces monétaires ». Au Katanga, on utilisait de grosses coupures de nouveaux zaïres. À l'Ouest, les billets n'étaient acceptés que jusqu'à 50 000 nouveaux zaïres, alors que la coupure de 100 000 circulait déjà. L'Est se limitait, lui aussi, à certaines coupures.

Le cas le plus singulier était celui du Kasaï. La province avait rejeté la réforme monétaire du Premier ministre Faustin Birindwa et, pendant cinq ans, avait continué d'utiliser les anciens zaïres au lieu du nouveau zaïre.

Réunifier l'espace monétaire

Pour ramener le Kasaï dans le giron national, la BCC a pris une décision clé : autoriser l'échange des anciens zaïres contre le franc congolais, et pas seulement des nouveaux zaïres. « Ça, c'était très, très important », a souligné l'ancien gouverneur.

Selon lui, cette fragmentation paralysait l'économie. Le commerce entre provinces ne pouvait se faire qu'en transportant du cash ou en passant par le dollar. Avec le franc congolais, les provinces ont pu commercer entre elles dans une monnaie commune. 

« C'était vraiment un grand challenge », a-t-il résumé.

«Gouverner, c'est prévoir»

Le franc congolais est entré en circulation le 30 juin 1998. Quelques semaines plus tard, en août, la guerre éclatait, et une partie du territoire échappait au contrôle de Kinshasa.

Comment la nouvelle monnaie a-t-elle survécu ? Par l'anticipation, répond Jean-Claude Masangu, qui reprend une maxime qui lui est chère : « Gouverner, c'est prévoir. » Avant le lancement officiel, la BCC avait déjà envoyé des stocks de billets dans toutes les provinces, afin que le franc soit disponible partout dès le premier jour.

Résultat, selon lui : malgré la guerre, les populations de l'Est ont pu disposer du franc congolais. 

« C'était une fierté pour eux d'utiliser le franc congolais au lieu d'utiliser le franc burundais, le franc rwandais » ou le shilling ougandais, a-t-il affirmé.

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