L’enquête préliminaire ouverte par le parquet général de Monaco au sujet du contrat de sponsoring conclu entre la République démocratique du Congo et l’AS Monaco a été classée sans suite. Cette procédure portait sur un partenariat estimé à environ 4,8 millions d’euros sur trois saisons, conclu en 2025 entre le ministère congolais des Sports et Loisirs et le club de la Principauté.
L’affaire avait débuté après une plainte déposée en France par deux ressortissants congolais, mettant en cause les conditions de conclusion et de financement de cet accord. Les plaignants évoquaient notamment des soupçons de blanchiment de capitaux, de détournement de fonds publics et de corruption, avec le ministre congolais des Sports, Didier Budimbu, cité parmi les personnes visées. Saisie dans un premier temps, la justice française avait transmis le dossier aux autorités monégasques, compétentes pour examiner les faits liés au partenariat avec l'AS Monaco. Une enquête préliminaire avait alors été ouverte au début du mois de mars 2026.
Le classement sans suite signifie que la procédure judiciaire engagée à Monaco ne donnera pas lieu à des poursuites sur la base des éléments examinés dans ce dossier. Il intervient plusieurs mois après la dénonciation officielle du contrat aux autorités monégasques par le Parquet national financier français.
Le partenariat entre Kinshasa et le club monégasque avait été officialisé le 24 juin 2025. Baptisé « R.D. Congo, cœur de l’Afrique », il devait courir jusqu’en 2028 et visait, selon les parties, à renforcer la visibilité internationale de la RDC et à contribuer à la professionnalisation du football congolais. La marque devait notamment apparaître sur la manche du maillot de l’équipe professionnelle de l’AS Monaco, avec une exposition lors des compétitions nationales et européennes disputées par le club.
L'accord reposait officiellement sur deux axes. Le premier concernait la promotion de l'image de la RDC à l'étranger, avec l'ambition de faire du football un outil de rayonnement du pays, notamment pour favoriser son attractivité touristique et économique. Le second portait sur le développement du football congolais. L'AS Monaco avait annoncé vouloir apporter son expérience dans la formation et l'accompagnement des jeunes talents, ainsi que dans la professionnalisation des structures sportives en RDC.
Le montant de 4,8 millions d'euros sur trois ans, soit environ 1,6 million d'euros par saison, avait toutefois rapidement alimenté la controverse. Des critiques avaient été formulées sur l'opportunité d'une telle dépense alors que le football congolais fait face à d'importants besoins en matière d'infrastructures, de formation et de financement. À l'international, le partenariat s'inscrivait également dans un contexte de montée en puissance de la diplomatie sportive africaine, plusieurs États utilisant désormais les grands clubs européens pour promouvoir leur image, leur tourisme et leur attractivité économique.
Pour les autorités congolaises et l'AS Monaco, l'accord répondait néanmoins à une logique de visibilité et de coopération sportive. Le club monégasque devait mettre son expertise au service du développement du football en RDC, tandis que la présence de la marque « R.D. Congo, cœur de l'Afrique » sur ses équipements devait offrir au pays une exposition auprès d'un large public, notamment à travers les rencontres de Ligue 1 et les compétitions européennes.
Avec le classement sans suite de l'enquête monégasque, le volet judiciaire de cette affaire connaît donc une issue favorable aux parties concernées. Cette décision intervient toutefois après plusieurs mois de polémique autour du coût et de la pertinence du partenariat, qui avait placé le gouvernement congolais et particulièrement le ministère des Sports sous le feu des critiques. Le débat sur l'utilisation des ressources publiques pour la promotion internationale de la RDC à travers le sport pourrait, lui, continuer à alimenter les discussions à Kinshasa.