Le ministère de l’Agriculture et Sécurité alimentaire a lancé, le jeudi 20 août 2026 à Kinshasa, un atelier consacré à la validation technique de la Stratégie nationale de développement de l’irrigation en RDC (SNDI-RDC). Organisées pendant deux jours, ces assises ont réuni les différentes parties prenantes engagées dans l’élaboration de ce document, avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Présidés par le secrétaire général à l’Agriculture et Sécurité alimentaire, Benjamin Toirambe Bamoning, les travaux visent à examiner le projet de stratégie, recueillir les observations des experts et parvenir à un document consolidé susceptible de servir de référence pour les interventions publiques dans le domaine de l’irrigation agricole.
Selon le ministère, la démarche intervient dans un contexte où la RDC cherche à accroître sa production agricole et à réduire sa dépendance aux importations alimentaires. Pour les autorités, le développement de l’irrigation doit permettre de limiter la dépendance aux pluies, d’améliorer la régularité des récoltes et de renforcer la capacité des producteurs à faire face aux effets liés aux variations climatiques.
Prenant la parole au nom du ministre d’État, ministre de l’Agriculture et Sécurité alimentaire, empêché, Benjamin Toirambe Bamoning a insisté sur la place que le gouvernement entend accorder à l’irrigation dans sa politique agricole.
« À travers ce processus qui constitue un levier essentiel pour réduire la dépendance agricole, le gouvernement attend de faire de l’irrigation un véritable outil de résilience climatique, d’amélioration de la productivité agricole et de renforcement de la sécurité alimentaire. Cette orientation doit contribuer à répondre à la vision du Président de la République, celle de la revanche du sol sur le sous-sol », a-t-il déclaré.
Le secrétaire général a également souligné que la mise en place d’une stratégie nationale doit permettre de mieux organiser les interventions dans le secteur. L’ambition est notamment de renforcer les capacités des institutions, d’améliorer l’accès des acteurs agricoles aux infrastructures et à la formation, mais aussi de faciliter la mobilisation des financements nécessaires au développement des systèmes d’irrigation.
De son côté, le représentant adjoint de la FAO en RDC, Oumar Ndiaye, a salué le caractère participatif du processus. Il a notamment reconnu le travail réalisé par les experts de la Task force multisectorielle coordonnée par la Direction de l’aménagement des terres agricoles et maîtrise de l’eau du ministère de l’Agriculture et Sécurité alimentaire.
« La qualité d’une stratégie nationale dépend aussi de la capacité des différentes parties prenantes à contribuer à sa conception. Le caractère participatif de cet atelier permet justement de confronter les analyses, les expériences et les besoins du terrain afin de disposer d’un document qui puisse répondre aux réalités de l’agriculture congolaise. La FAO salue le travail réalisé par les experts de la Task force multisectorielle et réaffirme sa disponibilité à accompagner la RDC dans cette démarche, notamment dans la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre de la stratégie », a expliqué Oumar Ndiaye.
Au cours des deux jours de travaux, les participants doivent procéder à une analyse technique du document et formuler des observations et recommandations sur les différents axes proposés, précise un communiqué du ministère. Les discussions doivent notamment porter sur les capacités institutionnelles, les infrastructures d’irrigation, la formation des acteurs, le financement ainsi que les conditions nécessaires à une meilleure utilisation des ressources en eau au profit de l’agriculture.
Pour le ministère de l’Agriculture, l’objectif est de dépasser une approche limitée à la construction d’ouvrages hydrauliques. Le développement de l’irrigation doit également s’appuyer sur une organisation institutionnelle adaptée, des compétences techniques suffisantes, des mécanismes de financement accessibles et un dispositif permettant d’assurer durablement l’entretien et la gestion des infrastructures.
Les travaux engagés à Kinshasa doivent ainsi aboutir à la consolidation du projet de stratégie nationale. Le document final devra intégrer les contributions des différentes parties prenantes ainsi que les recommandations issues des échanges techniques.
À terme, la SNDI-RDC doit servir d’instrument d’orientation pour les interventions publiques et les investissements dans le domaine de l’irrigation agricole. Pour les autorités congolaises et leurs partenaires, l’enjeu est de disposer d’un cadre cohérent permettant d’accroître la productivité, de renforcer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques et de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire en RDC.
Jean-Baptiste Leni