L'acquisition des actifs miniers du groupe Chemaf en République démocratique du Congo par la société américaine Virtus Minerals continue de susciter des réactions favorables à Washington. Dernière en date, celle de Jacob S. Helberg, sous-secrétaire d'État des États-Unis chargé des Affaires économiques, qui voit dans cette opération un symbole du retour américain dans le secteur minier congolais et un jalon important du partenariat conclu entre Kinshasa et Washington.
Dans une déclaration, Jacob S. Helberg a salué cette opération qu'il juge bénéfique à la fois pour les États-Unis et pour la RDC.
« L'acquisition des mines de Chemaf en RDC par la société américaine Virtus est énorme pour l'Amérique et pour le peuple de la RDC. Sous le leadership du président Trump, les États-Unis sont enfin de retour pour concurrencer dans le secteur minier de la RDC. L'Accord de partenariat stratégique États-Unis–RDC est une pierre angulaire de la sécurité économique américaine », a-t-il déclaré.
Cette prise de position intervient alors que Virtus Minerals a finalisé la reprise des actifs de Chemaf, l'un des plus importants producteurs de cobalt au monde hors du contrôle chinois. Cette transaction marque une avancée importante dans les efforts entrepris par Washington depuis plusieurs années afin de sécuriser ses approvisionnements en minerais critiques en RDC, particulièrement le cobalt, indispensable à la fabrication des batteries et aux technologies de la transition énergétique.
Virtus Minerals a accepté de reprendre une entreprise confrontée à d'importants défis, notamment une dette estimée à près d'un milliard de dollars, la présence de milliers de creuseurs artisanaux sur le site de Mutoshi ainsi qu'un environnement des affaires souvent considéré comme complexe.
À Kinshasa, les autorités congolaises suivent de près l'évolution de ce projet. Le 2 juin dernier, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a reçu les dirigeants de Virtus Minerals dans le cadre d'une réunion d'évaluation organisée deux mois après la finalisation de la transaction.
« J'ai convié mardi 2 juin 2026 la société Virtus Minerals à une séance de travail afin de rendre compte de l'évolution des travaux depuis l'autorisation de reprise des actifs miniers du groupe Chemaf. Cette séance de travail s'inscrit dans le cadre du suivi régulier que j'assure au sein du Ministère des Mines, en vue d'évaluer l'état d'avancement des opérations, deux mois après la finalisation de la transaction ayant conduit à la reprise de ces actifs miniers », a déclaré Louis Watum.
Le ministre a indiqué que le directeur général de Virtus Minerals, Phil Braun, lui avait présenté l'évolution des projets Étoile et Mutoshi dans la province du Lualaba. Les échanges ont également porté sur les retombées sociales attendues du projet, notamment en matière d'emplois, de formation de la main-d'œuvre congolaise et de dialogue avec les communautés locales.
« J'ai encouragé la société à maintenir une collaboration étroite avec le Ministère des Mines afin de garantir le succès du projet, dans le respect des lois de la République et des meilleures pratiques de l'industrie minière », a ajouté le ministre, qui a également insisté sur la transmission régulière des rapports d'activités et sur la nécessité d'une cohabitation harmonieuse avec les communautés locales et les exploitants artisanaux.
L'intérêt américain pour les actifs de Chemaf a également été mis en avant lors de la DRC Mining Week. À cette occasion, le chargé d'affaires des États-Unis en RDC, Ian McCary, s'est rendu sur le site de Mutoshi afin de constater l'état d'avancement des activités relancées par Virtus Minerals.
À travers l'opération Chemaf-Virtus, les États-Unis cherchent à renforcer leur présence dans un secteur longtemps dominé par les groupes chinois, tout en affichant leur volonté de bâtir avec la RDC une coopération économique fondée sur les minerais critiques, les investissements et la transformation locale des ressources.
Jean-Baptiste Leni