Invité du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala mardi 6 octobre, l'ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) a expliqué comment l'institution a financé l'effort de guerre avant de briser l'hyperinflation au début des années 2000.
Interrogé sur les méthodes employées pour mettre fin à l'hyperinflation, Jean-Claude Masangu Mulongo commence par replacer son action dans son contexte : celui de la guerre déclenchée en août 1998. Pour lui, la priorité de la BCC était alors claire : aider l'État « à résister, et puis gagner la guerre ».
La guerre, rappelle-t-il, a été « longue et pénible ». Or le budget de l'État était «maigre». Pour lui donner les moyens de se défendre, la Banque centrale a eu recours à la création monétaire.
« Nous avons utilisé pas mal la planche à billets », a-t-il reconnu, c'est-à-dire l'injection de francs congolais « sans contrepartie ».
Des certificats de dépôt à 20-25 % par mois
Face à une planche à billets qui tournait «à plein régime», la BCC a changé d'outil. Elle a mis sur le marché des titres, appelés à l'époque certificats de dépôt, à des taux indexés sur l'inflation. Certains mois, ces taux atteignaient 20 à 25 % par mois.
Le mécanisme consistait à collecter l'épargne du public pour la mettre à la disposition de l'État. Selon l'ancien gouverneur, cela permettait de moins recourir à la planche à billets et de se concentrer sur la lutte contre l'hyperinflation.
La règle de la « base caisse »
La BCC a parallèlement mené une politique monétaire restrictive, fondée sur un principe simple : l'État devait dépenser en fonction de ses moyens. C'est la gestion dite « sur base caisse », qu'il résume ainsi : « Là, on rentre, là, on sort », avec un contrôle strict des entrées et des sorties.
Au fil des années, cette discipline a permis, selon lui, de maîtriser l'hyperinflation.
« On a rompu avec l'hyperinflation et par la suite, on a renoué également avec la croissance », a-t-il affirmé, cette fois « avec l'assistance et l'aide du Fonds monétaire international ».